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Borderlands ou Mad Max à Toon Town

Publié le 2 juillet 2010 à 9h39 dans la catégorie Critiques de jeux par Polaris.

Les références de Borderlands sont nombreuses et affichées : Mad Max, Fallout, les comics, l’humour des films gore… bref, un pur condensé issu de la culture pop occidentale, versant post-apo. Certains ont adoré, d’autres ont détesté… netday.be se penche sur la question tout en finesse !

Le département marketing de Gearbox Software (les développeurs de Borderlands) nous vend sa soupe en prétendant qu’il s’agit d’un mélange de FPS et RPG. Hum. Si le côté FPS tient ses promesses, on repassera côté RPG. On découvre plutôt, en fait, un héritage bien particulier… prenez l’univers de Mad Max, greffez-y un solide jeu de shoot et utilisez un système de quêtes et de loot à la Diablo et vous obtiendrez Borderlands. Si c’est fun ? Oh oui ! C’est d’ailleurs le principal intérêt du titre. Mais voyons ça en détails, voulez-vous.

Fraîchement débarqué sur une planète hostile pleine de truands et de monstres, votre héros se met en tête de découvrir un endroit mythique, le « Vault » (référence évidente à Fallout), un endroit entouré de mystère alien. Un tas d’ennemis se dresseront bien évidemment sur sa route. Pour s’en défaire, il aura accès à un tas de flingues (pistolets, revolvers, shotguns, fusils de précision, fusils d’assaut, lance-roquettes et j’en passe : ces classes d’armes sont déclinées en millions – littéralement – de formes !), des grenades, des véhicules qui écrasent tout (ou presque) sur leur passage et une compétence très spéciale déterminée par le choix de votre personnage.

Impossible de parler de l’univers de jeu sans évoquer le graphisme : l’équipe a fait le choix du cell-shading. Ce procédé qui transforme n’importe quel univers réaliste en comics animé fait merveille ici pour tenir le tout en un seul morceau. En effet, l’histoire, l’humour, l’univers, le manque de réalisme… tout devient cohérent grâce à cette enveloppe cartoonesque. Paradoxalement, je trouve que c’est le meilleur atout du jeu et son plus gros défaut. On a parfois du mal à y croire, un peu comme si on se baladait dans un parc d’attraction post-apo. Le loot et les ennemis respawnent sans cesse… tout ça n’est pas très sérieux… mais nous sommes là pour nous amuser !

Cette remarque faite, je tiens à dire qu’en matière de FPS, Borderlands n’a rien à envier aux références du marché. Il est très agréable d’agir avec le moteur physique, celui-ci tenant la route. La balistique est plutôt réaliste. Les combats relèvent bien plus du jeu d’arcade plutôt que de la simulation (et heureusement vu le nombre incroyable d’adversaires à abattre !).

Quid du côté JDR/RPG ? Nous disposons ici d’un système de quêtes simpliste mais clair – on vous propose une quête, vous l’acceptez ou non – et il n’y a aucune raison de la refuser ! Le loot est incroyablement varié (il existe un nombre hallucinant d’armes et d’armures à utiliser ou à vendre). Plus de points d’expérience signifient plus de niveau, plus de niveaux signifient plus de points de vie et un point à distribuer dans un arbre de compétence. En résumé, ce que je trouve le plus proche de Borderlands en ce qui concerne son aspect jeu de rôle, c’est Diablo. Ce n’est pas vraiment gênant mais il faut le savoir : ne vous attendez pas à un Fallout ou même à un S.T.A.L.K.E.R. C’est bigrement linéaire malgré les grands espaces ouverts à explorer. Un des points forts du jeu : ces grands espaces sont gorgés de monstres et de loot, chaque voyage peut se transformer en une aventure en soi… ce qui allonge considérablement la durée de vie du jeu. Il existe malgré tout un système de voyage rapide (qui ne vous annonce pas où se trouve le prochain objectif à atteindre).

Tout ceci pour rappeler que Borderlands est avant tout un jeu fun à jouer et à rejouer… tout y contribue : l’univers, les véhicules, le cell-shading, l’humour adulte, … notre emballement est relativement tempéré par quelques points négatifs, que nous ne pouvons pas ne pas évoquer.

Les gros points négatifs du jeu sont selon nous : un trop grand manque de réalisme, le respawn incessant des ennemis et du loot ainsi qu’un flagrant manque de variété des véhicules. Il y a aussi une série de choses gênantes au point de vue de l’interface (le voyage rapide pas clair et non référencé sur une carte, l’agencement des quêtes, etc). A noter qu’il existe aussi quelques bugs mais rien de grave.

Mais que ces quelques défauts ne vous gâchent pas votre plaisir ! Si vous aimez le post-apo qui ne se prend pas au sérieux, les flingues, les bastons incessantes, l’exploration de vastes espaces et le plaisir de jeu… ce jeu est fait pour vous !