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S.T.A.L.K.E.R.

Publié le 16 avril 2007 à 16h58 dans la catégorie Critiques de jeux par Polaris.

Netday.be ne vous avait pas encore proposé de critique de S.T.A.L.K.E.R.- Shadow Of Chernobyl, contrairement à 99% des sites qui parlent de jeux vidéo… et pourquoi donc ? Parce que nous étions bien trop occupés à y jouer voyons ! Nous réparons aujourd’hui cet “oubli” avec une spécificité bien à nous : nous (enfin, moi), nous l’avons fini.

Je ne vais pas vous rappeler le thème, vous resituer le contexte, tout ça… vous savez de quoi je parle. Mais si !

En bon hardcore gamer, j’ai terminé S.T.A.L.K.E.R.- Shadow Of Chernobyl ce matin à 5h30 en vidant un fond de whisky et j’en ai presque pleuré de rage : je n’ai jamais vu une fin de jeu vidéo aussi nulle de toute ma vie… voilà, c’est dit.

S.T.A.L.K.E.R.- Shadow Of Chernobyl commence très bien et finit très mal. C’est extraordinairement incroyable de nous chier une fin aussi débile (et je pèse mes mots) à laquelle personne ne croit. Je me demande bien pourquoi et comment une telle “fin” a pu être élaborée… en cherchant un peu sur le net, on se rend compte que six fins sont possibles, chacune “tombant” (arrivant) selon la façon dont vous avez joué (en fait de fin, on verra une scène cinématique finale après avoir effectué une dernière action). Sans vous gâcher la (mauvaise) surprise, je ne peux malheureusement vous en dire plus. Mais passons au reste, voulez-vous ?

Au final, la sale impression après la dernière scène s’étant estompée, que dire de S.T.A.L.K.E.R.- Shadow Of Chernobyl ?

Et bien nous pouvons dire que c’est un très bon jeu. Rappelons que dans le créneau FPS tactique mâtiné de JDR dans un univers post-apocalyptique, c’est très bien foutu et c’est même le meilleur… même si “c’est un peu court jeune homme”.

Je m’explique : les aspects RPG sont très réduits. Finalement les choix de conversation se limitent à “oui, je veux bien faire cette mission” et “non, je ne veux pas faire cette mission”. De plus, les objectifs de mission se limitent à “aller chercher un objet” ou “buter un mec” et voilà. C’est peu. Reste une feuille de perso avec des caractéristiques qui suivent l’évolution de votre matériel, ce dernier apparaissant dans la fenêtre de gauche.

Autre chose : les artefacts (objets “merveilleux” apparus suite à la catastrophe) sont assez mal équilibrés… on peut faire des combos monstrueuses au fil du temps mais les premiers objets sont juste bons à foutre au bac ! Dommage.

Enfin, les bugs sont encore très nombreux (malgré le patch 1.0001 dont le numéro de version nous donne une bonne appréciation sur l’humilité des développeurs qui se rendent bien compte qu’il reste du boulot).

Par exemple, l’utilisation du PDA (où sont répertoriées les quêtes) est une horreur d’ergonomie. Comme d’ailleurs l’inventaire, que ce soit sur soi où lorsqu’on fouille un spot. Les minis-minis quêtes (en gros on trouve des infos sur des endroits à aller fouiller) sont buggées jusqu’à l’os et gâchent quelque peu le plaisir de jouer. Et je ne vous parle pas de la carte, qui a beau être implémentée dans votre PDA, on se croirait revenu au bon vieux temps des cartes papier illisibles qui s’envolent au premier coup de vent ! Ah, ce zoom impraticable, MERCI les gars !

Point classique dans mes critiques mais je ne peux y échapper (et vous non plus) : ce jeu n’évite pas l’écueil des caisses à démolir afin d’obtenir des bonus et n’évite pas non plus le respawn dans certaines zones, dommage (même si c’est pour que l’univers reste “vivant”, ce que je comprends et apprécie, cf. plus bas).

De plus, et pour en finir avec les plus gros défauts, je trouve que l’environnement manque d’interaction, tout ça manque de machins à activer, de trucs à découvrir, de brols à explorer…

Bon mais alors, pourquoi, malgré tous ces défauts, est-ce un bon jeu ? Et bien déjà, pour moi (et de nombreux autres fans), le fait de jouer à Fallout version FPS est un argument imparable pour que j’en tombe amoureux.

Ensuite, parce que ce jeu saura flatter le hardcore gamer qui est en vous ! La Zone (les 400km² autour de Tchernobyl qui servent de cadre à l’histoire) est un piège à ciel ouvert : entre les groupes de bandits, de mercenaires, les factions rivales, les meutes de chiens, les mutants, les anomalies (déformations physiques de l’environnement), les radiations, les champs de mines, etc., il est TRES difficile de rester en vie longtemps ! Malgré tout, ça reste équilibré, à condition de déployer toute votre habilité afin de survivre à l’environnement… un simple trajet du point A au point B se transforme en une aventure en tant que telle. On ne s’ennuie pas une seconde à S.T.A.L.K.E.R. - même si certains passages sont très difficiles. Vous devrez tirer le meilleur de votre matériel afin de survivre. Rien que ça, dans un environnement OUVERT où vous avez la liberté totale de mouvement (si l’on excepte les barrières séparant les zones), c’est un exploit.

Enfin, le fait de vivre dans un monde qui bouge autour de vous, où les PNJ interagissent entre eux, où les meutes de chiens font la chasse aux autres humains, où les factions se font la guerre, renforce de beaucoup le sentiment d’immersion. Pour parler un peu de l’IA, sans être complètement bluffé, j’ai vraiment apprécié celle-ci qui fait plus que bien son travail… pour être dedans, on est dedans ! Les réactions sont vraiment logiques (la plupart du temps…).

Pour conclure, je dirais que S.T.A.L.K.E.R.- Shadow Of Chernobyl est un jeu excellent, tellement excellent qu’il arrive à nous faire oublier ses défauts… et pour faire oublier des défauts pareils, il faut que le jeu soit sacrément bon, vous pouvez me croire. Le plus triste avec ce jeu, c’est qu’il soit passé à deux doigts du chef d’œuvre.

Bon, c’est pas tout ça, mais je vais me le refaire en augmentant d’un cran la difficulté, pour le fun.